Ce que j’ai découvert sur moi en 2020

Coucou les loutres,

Ça fait bien longtemps que je n’ai pas écris ici, et pourtant aujourd’hui j’avais envie de partager avec vous un truc ÉNORME que j’ai découvert sur moi en 2020.
Deuils, confinement, isolement, pandémie, l’année 2020 a été chargée d’événements pour le moins désappointants. Pour moi, ça a été l’occasion d’aller chercher au plus profond de moi pour trouver où était le problème. Parce que oui, il y avait un problème.

L’introspection.

Rien ne va plus, mon cerveau tourne à deux mille tours/minute, comme d’hab me diras-tu. Sauf que là, je suis seule, seule 24 h/24, 7j/7. J’ai des contacts via écrans interposés avec mes collègues, mes parents, mes frangins, comme tout le reste de la planète. Je suis paumée. Mais paumée à un point inimaginable. Je cherche, j’analyse, je rejoue tout ce que j’ai fais dans ma vie, je ne comprends pas, et si il y a une chose que je ne supporte pas dans la vie, c’est de ne pas comprendre.

Et puis un jour, je sais pas ni pourquoi, ni comment, je tombe sur un article sur les zèbres. Je le parcours brièvement et je me moque un peu de ces gens que je trouve prétentieux et qui (pour moi) se prennent pour je sais pas qui. Sauf qu’il y a un truc qui a attiré mon attention dans l’article. Je ne m’en rends pas compte tout de suite, mais dans ma tête ça fait son chemin :

« j’avais le sentiment qu’il y avait le groupe, et moi. Je n’étais pas tout à fait dedans, pas tout à fait dehors ».

Et je peux vous dire que je l’ai retournée dans tous les sens cette phrase. C’est l’histoire de ma vie.

L’investigation.

Alors, un peu avec méfiance mais avec beaucoup de curiosité, je me mets à faire des recherches, à regarder des vidéos, des conférences, à lire des articles, sur les zèbres, les haut-potentiels, les surdoués… Je suis tombée sur des trucs trop drôles qui m’ont bien fait rire et qui m’ont rassurée sur le fait que tout ceci n’était qu’un écran de fumée, et puis sur d’autre qui ont carrément foutu le bordel dans mon cerveau.

Je suis passée par une phase de « c’est pas possible, fait attention à ton melon, bientôt tu ne passes plus les portes, blablabla ». J’ai acheté des livres, je les ai dévorés, j’ai fait un tour à 360° de ce qu’on sait aujourd’hui sur les surdoués, les hauts-potentiels, les zèbres ou peu importe comment on les appelle. Et j’ai fait quelques chose d’assez exceptionnel (enfin que je trouve exceptionnel avec le peu de recul que j’ai), j’ai trouvé tout ce qui fait que mes frangins rentrent dans cette catégorie de la population.
En fait, j’ai juste reporté le problème sur ceux que je connais pour ne pas trop l’intellectualiser pour moi-même.

La confrontation

Je suis sûre, mais alors absolument sûre, que mon frère et mes sœurs sont des hauts-potentiels, c’est tout. Consciemment, c’est tout ce dont je suis sûre. Inconsciemment ça fait son chemin par contre. Je continue à me renseigner mais j’y crois pas encore.

Et puis, ça va toujours pas, j’y arrive pas toute seule, j’ai beau aller chercher au plus profond de moi, j’ai pas les outils et j’ai besoin d’aide. On me conseille d’aller voir un hypnothérapeute qui fait des merveilles et comme j’ai rien à perdre, j’y vais.

Ce type, je sais pas comment le dire, il m’a fait descendre tellement bas que j’ai compris, je crois, qu’il n’y avait pas de problème. Enfin, que le seul problème que j’avais c’est que je ne savais pas qui j’étais. C’est un peu dur à entendre quand t’as vécu plus d’un quart de siècle t’as vu. Mais c’est un fait, je n’avais jamais cherché à savoir qui j’étais et ce que je voulais être, je me suis laissée porter par le mouvement de la vie.

Après, je tiens quand même à préciser que je suis hyper réceptive à l’hypnose, aux énergies et à toutes ses choses qui ne conviennent pas à tout le monde, donc pour moi, c’était le levier qu’il fallait enclencher.

Il m’a dit un truc qui a fait tomber la chape de pression que je me mettais au sujet de la douance :

« Qu’est-ce que ça change ? Que tu décides de faire partie de cette catégorie ou pas, tu es toi, tu as les capacités de faire tout ce que TU veux, et c’est tout ce qui compte ».

L’idéalisation

En fait, dans ma tête, être « surdouée » c’était être comme « parfaite ». T’es pas surdouée quand tu prends deux à ton bac de maths, t’es pas surdouée quand tu fais des fautes de grammaires, t’es pas surdouée quand t’as changé 4 fois de projet professionnel avant tes 25 ans, quand tu sais pas communiquer, quand t’es pas à l’aise en société…

Pour moi être surdoué c’était (attention gros clichés) les chinois qui jouent aux échecs toutes la journées et qui on 220 de QI, c’était ce mec de mon lycée qui avait déjà écrit un théorème de maths en première (d’ailleurs je me demande bien ce qu’il est devenu celui-là), c’étaient les gens qui font des trucs de ouf dans leur vie genre Emma Watson, Mozart, Picasso, Alicia Keys … Enfin t’as compris quoi.

Alors bien évidemment, j’étais prête à sacrifier mes frangins sur l’autel de l’ambition, mais pas moi.

La réalité

Je n’aime pas du tout le terme surdoué, pour moi il implique sémantiquement une quantité (ou une qualité) supérieure d’intelligence. Je ne blâme plus les gens qui se rangent là dedans mais voilà, j’aime pas cette notion de classement. Je n’aime pas non plus le terme Zèbre, déjà que t’es bizarre et pas comme la majorité de la population c’est un peu violent de te donner un nom d’animal (aussi cool soit-il) et en plus s’il fallait choisir je préfère les singes perso.
Je crois que les termes dans lesquels je me retrouve le plus, ce sont les termes haut-potentiels, multi-potentiels et philo-cognitifs. Quoi qu’il en soit, je fais partie, et j’ai fini par l’accepter, de la grande famille des atypiques.

Et même si ça n’a pas foncièrement changé ma vie, je suis contente de le savoir pour plusieurs raisons :

  • Mon cerveau ne fonctionne pas comme celui des autres. Le savoir c’est arrêter de s’agacer et du coup de paraitre hautain parce que t’as l’impression que la personne en face de toi ne fait pas d’effort ou est de mauvaise foi. Et non, sa logique n’est pas la tienne, t’as parfois l’impression que la solution est simple, mais ça vaut la peine de ralentir un peu et de laisser les autres avancer à leur rythme et même t’apporter des trucs que tu n’avais pas pris en compte dans ta première analyse.
  • J’ai besoin de sens et de concret. Si c’est trop abstrait, je comprend pas ça me soule, le fantastique, je comprends pas et ça me soule. Si je ne comprends pas pourquoi on me demande de faire quelques chose ça me soule. Si ça me soule, je me braque, et comme je suis une très bonne communicante, ça se passe toujours bien, je finis par baisser les bras et bouder comme une enfant de trois ans parce que juste, j’arrive pas à dire que je comprends pas le but.
  • Si c’est pas juste, c’est mort. Je crois que la Justice et l’Humain sont des valeurs hyper fortes chez moi (et ça je l’aurais jamais sorti avant, j’aurais fait le coup de l’écologie tu connais). Je suis très empathique et l’appel à la symbiose fonctionne très bien avec moi : je suis capable de monter au front pour défendre un cause qui ne me regarde pas juste parce qu’on m’a évoqué l’idée que je peux aider, quitte à me mettre en difficulté. J’essaye de me canaliser un peu là dessus parce que (sans que ce soit forcément volontaire) c’est facile et du coup utilisé.
  • J’ai besoin d’être stimulée intellectuellement, beaucoup. C’est pour ça que j’aime l’école, c’est pour ça que les situations chaotiques sont celles où je m’épanouis le plus. Si ce n’est pas acquis, connu, éprouvé, je me régale. Si c’est répétitif et normé, mon cerveau n’est pas assez activé, je m’ennuie, je me lasse et je deviens terrible pour les gens autour. C’est pas grave, mais faut le savoir. J’arrive à mettre des mots dessus et donc à les expliquer, et ça, ça change beaucoup de choses.

En fait, ce que j’ai appris, le plus important à mon sens, c’est que quand je me fie à mon instinct, j’ai raison. Que mon cerveau analyse 10 millions d’informations à la seconde, sans forcément que j’en ai conscience et qu’il sait quand ça va mal tourner ou quand ça va être génial, qu’il faut que je l’écoute.

Ce que j’ai appris aussi sur cet instinct, c’est qu’on s’entoure des gens qui nous ressemblent et que quand j’ai des atomes crochus avec quelqu’un ce n’est jamais par hasard. Mes copines sont des femmes fantastiques dont je suis extrêmement fière. Elles m’impressionnent beaucoup car elles ont toutes une intelligence hors norme, humaine, logique, sociale ou analytique peu importe, elles sont comme moi et je suis comme elles. Si elles arrivent à faire de grandes choses, à construire des trucs que j’envie, alors, je le peux aussi.

Enfin, et pour conclure, tout le monde n’a pas envie de se retrouver dans une case, tout le monde n’a pas envie de savoir qu’il est différent. Pour moi, c’était important d’appartenir à quelque chose de plus grand que moi, mais en faisant cette démarche de connaissance de soi, j’ai embarqué des gens qui ne le voulait pas. Je crois qu’il est important de le dire, pour que toi, si tu lis cet article en te posant des questions sur toi même, tu évites de pousser les gens que tu aimes dans leurs retranchements. C’est un cadeau comme un fardeau, et chacun doit pouvoir choisir de le saisir ou pas.

Je t’embrasse,

A.

3 commentaires sur “Ce que j’ai découvert sur moi en 2020

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